Création du premier MOOC pour Parent Expatrié

Depuis quelques mois, je travaille avec Nelly Soulié, Multi expatriée, spécialiste de la Mobilité Internationale et psychiatre sur la création d’un MOOC à destination des parents expatriés.
En effet, il n’est pas facile d’être parent; la posture se corse parfois en contexte expatrié lorsque nous sommes confrontés à de multiples déménagements et changements d’environnements.

Pour connaitre la genèse du MOOC, vous pouvez lire cette interview du Petit Journal.
Et cliquez sur ce lien pour accéder à la page d’accueil et au descriptif du MOOC.

Le trailer  :

TCK ou ATCK , kezako?

En 2006, alors que je m’apprêtais à partir vivre en Inde, j’ai lu le célèbre livre de David C. Pollock et Ruth E. Van Reken : The Third Culture Kids. C’est ainsi que j’ai découvert deux notions : TCKThird Culture Kids et ATCKAdult Third Culture Kid (c’est-à-dire un TCK devenu adulte)
Ayant bataillé presque quarante ans sur la question identitaire et d’appartenance, ce livre ne pouvait que faire écho à mon parcours d’enfant expatriée, élevée en Asie et au Moyen Orient.
Je vous propose aujourd’hui une rapide définition, selon cet ouvrage, de ce que sont les TCK et ATCK ainsi qu’un partage d’expérience.

Définition & Origine du terme TCK :

Le terme de TCK est apparu dans les années cinquante sous la plume de deux chercheurs américains ; autrefois réduits à une population d’enfants de militaires et diplomates, les TCK sont aujourd’hui en nombre croissant et leur typologie a évolué (avec l’arrivée de la mobilité internationale dans le monde des entreprises).
Les auteurs pensent que les TCK étaient auparavant une exception et, que dans le monde de demain, ils deviendront la norme : les Global Nomades seront mieux armés pour s’adapter. J’aime cette idée…
Un TCK est un enfant ou adolescent qui a passé une part significative de ses années de développement en dehors de la culture d’appartenance de ses parents. Élèvé ni dans sa culture d’origine, ni totalement dans la culture de son pays de résidence, ce jeune est exposé à une double, triple voire à de multiples cultures, d’où la notion de « troisième culture« .

Caractéristiques & Conséquences :

Deux caractéristiques définissent les TCK :

  • Avoir été réellement élevé au contact de deux cultures différentes minimums (Évidemment, il y aura des écarts : un petit Français élevé en Suisse n’aura pas les mêmes impacts identitaires qu’un jeune occidental élevé au fin fond de Bornéo)
  • Avoir vécu dans un monde à forte mobilité (généralement un déménagement de pays tous les trois ans). L’univers du TCK se caractérise par le fait qu’en une nuit et un vol en avion, tous ses repères disparaissent et il arrive dans une culture totalement différente de la précédente.

Quelques caractéristiques complémentaires se retrouvent chez une majorité d’entre eux :
• Etre différent des habitants de leur terre d’accueil, ce qui leur donne une perception plus ouverte du monde et une tolérance certaine. Pour utiliser un terme de coaching, leur « carte du monde » est plus large.
• Les TCK savent, qu’un jour, ils rentreront dans leur culture d’origine (ils ne sont donc pas des immigrants)
• Les TCK vivent généralement dans des conditions privilégiées en raison du statut professionnel de leur parent (Ce n’est pas souligné dans le livre, mais c’est de moins en moins vrai au XXIe siècle)
• Les TCK sont plus conscients de l’importance de leur nationalité que leurs pairs restés au pays.
• Leurs conditions de vie et diverses expériences multiculturelles leur ont donné des capacités d’adaptation au-dessus de la moyenne.

Une conséquence de cette enfance nomade est l’impression d’être de partout et de nulle part et pose donc une question identitaire qu’une vie entière ne suffit parfois pas à résoudre !
Les études ont prouvé que les TCK et ATCK se reconnaissent et qu’ils créent immédiatement une connexion entre eux : un américain élevé dans un pays d’Afrique noire se trouvera des tas de points communs avec un japonais élevé à Genève). J’expérimente ce genre de connexion régulièrement !
Par conséquent, l’une des questions les plus difficiles pour un TCK est « d’où es-tu » ou bien « c’est où chez toi? » .

Partage d’expériences TCK

Élevée en Asie et au Moyen Orient et rentrée en France à l’âge de 15 ans, j’ai effectivement expérimenté, souvent, cette terrible question : « Where are you from ?« . Jusqu’à presque 45 ans, la réponse m’a torturée. Chaque fois, je retenais ma respiration et ne savais que répondre.
Parfois, je répondais « je suis française » lorsque je voulais me débarrasser du sujet ou bien « from Parissssse ». Mais je sentais bien que cette réponse était inexacte et j’avais besoin de la compléter, ce qui prenait une bonne dizaines de minutes et de longs développements :

Alors … Euh… je suis née dans le Sud de la France mais j’ai été élevée en Asie et au Moyen Orient… Longtemps, je me suis vécue comme Indonésienne… Aujourd’hui, je me perçois une citoyenne du monde. J’ai travaillé 15 ans à Paris, puis j’ai vécu en Inde et maintenant je vis à Bangalore| Dubai | Varsovie … J’ai une grand-mère espagnole et une autre Italienne et deux grand-pères français… Alors, on peut dire que je suis Méditerranéenne… Mais bon en fait, je me sens partout chez moi à condition qu’il y ait un mélange culturel. Je suis une Global Nomade.

Ce n’est que récemment, à l’approche de la cinquantaine que j’ai résolu cette question identitaire…

Pour illustrer la question de l’ouverture sur la différence, je me souviens de mon fils cadet, qui, à la fin de sa première semaine de CE1 à Varsovie, est rentré de l’école avec des questions donnant lieu à cet étrange dialogue:

Le petit bonhomme de CE1 : « Maman, quand est-ce qu’ils rentrent tous de vacances ?  »
Moi : -« la rentrée a eu lieu mon chéri ! Tous les enfants sont là ! »
Le petit bonhomme insistant : « Non Maman, il manque plein de gens ».
Moi, naïvement : « ah bon ? Est-ce que la maîtresse attend de nouveaux arrivants ? ».
Lui : « non mais je sais qu’il manque plein de gens parce qu’il n’y a que des beiges et il manque tous les autres. Quand est-ce qu’ils reviennent? »

A force de questionnement, j’ai compris que mon fils avait remarqué qu’il n’y avait que des enfants de type « caucasien » qu’il a qualifiés de « beiges » (la Pologne n’est pas réputée pour sa mixité ethnique) et que le mélange ethnique dans lequel il avait élevé lui manquait vraiment. Un environnement « normal », de son point de vue, était constitué d’un brassage ethnique important. En effet, ses meilleurs copains s’étaient appelés successivement Toya (Japonais) , Yanis et Martin (Français), Keylan et Ashita (Indiens), Justus (Allemand blond) ou encore Mohammed et Abdallah (Emiraties), Ditlev (Pays nordique) et Wan Ze (singapourien). Mon jeune TCK percevait donc le monde comme multiple avec des gens différents, sans jugement. L’absence de mixité en Pologne nous a d’ailleurs posé problème et causé un réel ‘manque’.

Quant à la connexion naturelle à d’autres TCK, je l’ai expérimentée lorsque je suis rentrée en France, à l’adolescence. Les premiers vrais amis que je me suis faits étaient d’autres TCK ou des immigrants : une franco algérienne, des réfugiés politiques iraniens, une Italienne élevée à Londres et à Paris, etc.…). Si je regarde la liste des vrais amis que j’ai conservés de ma période parisienne ou de mes années d’études supérieures, il ne reste quasiment que les ATCK. Les quelques rares exceptions sont des grands voyageurs et des gens qui font preuve d’une ouverture d’esprit et d’une curiosité au-dessus de la moyenne.

Je reviendrai dans un prochain article sur les impacts émotionnels, positifs et négatifs, qu’implique notre condition d’Enfants de la Troisième Culture et de la formidable résilience que nous ont apportée les conditions de vie particulière de notre jeunesse nomade.

Et vous comment avez-vous vécu votre identité de TCK ou d’ATCK ? Qu’est-ce que ça vous a apporté de positif ?

Si vous souhaitez reprendre confiance dans votre posture de parents et accompagner votre enfant dans les différentes étapes de votre vie expatriée, contactez moi pour un coaching personnalisé !
Vous pouvez explorer les ressources de Mosaic Dynamics et les livres proposés sur ce thème.

Les billets du blog : – C’est où chez moi?

Merci à tous les parents et adolescents qui m’ont fait confiance et ouvert leur cœur pendant 11 ans sur la route de l’expatriation. A mes enfants qui sont source d’inspiration quotidienne !
Le livre sur les TCK ne parle absolument pas de Spirale Dynamique et je doute que les auteurs connaissent cet outil.Toutefois, après avoir observé sur le terrain de l’expatriation, pendant 11 ans, des enfants en développement, j’en suis venue à penser que plus l’enfant a passé de temps en période de construction identitaire (Vmème ROUGE et BLEU) dans des cultures différentes, plus l’impact sera fort à l’âge adulte. Le fait de passer où non son adolescent en expat amplifie également l’impact identitaire sur l’ATCK.

D’un point de vue de l’ennéagramme, il est évident qu’en fonction du profil de l’enfant, les conditions de vie auront un impact sur la mise en place de son EGO. Nous ne sommes hélas pas égaux face aux incidences d’une enfance TCK !

Témoignage impatriation : du Canada à la région parisienne

Pascal Bernardon est parti vivre au Canada pendant quatre ans. Il partage aujourd’hui son expérience de retour en France.
Il est de ces expatriés curieux et courageux qui sont partis sans disposer de la sécurité d’une grande entreprise …

Dans les points à anticiper pour votre retour, vous trouvez :

– l’importance de trouver un logement au retour (un véritable casse-tête en France)
– la difficulté à retrouver un emploi
– le décalage induit par les connaissances tacites: tous ces non-dits qu’il faut savoir décrypter !
… Et d’autres sujets à découvrir dans son interview!

Merci Pascal pour ton témoignage !

Retour en France: témoignage après 16 ans d’expat !

Voici le premier témoignage de la série « impatriation ».
Isabelle et son mari ont passé seize ans sur des routes exotiques et ont vu naître un de leurs enfants en expatriation. Ils sont rentrés au bercail, en région parisienne, en 2013. 

Quel a été ton parcours à l’étranger ?

Avec mon mari, nous avons vécu dans six pays différents en repassant deux fois par un séjour en région Parisienne. Je pense que ces retours intermédiaires changent la donne et rendent le retour définitif plus facile.

  • 6 mois en Roumanie à Bucarest (96)
  • 3 ans en Thaïlande (97 à 2000)
  • 3 ans et demi en Guadeloupe (2000 à 2003) – Naissance de notre troisième fils.
  • 3 ans en région parisienne (2003 à  2006‎)
  • 1 an en Inde (2006 à 2007) à Bangalore
  • 2 ans en Chine (2007 à 2009) à Pékin
  • ‎1 an en région parisienne
  • 3 ans au Cameroun à Douala (2010 à 2013)

Avais-tu des attentes particulières avant de rentrer en France ?

Ma principale attente était de me retrouver, de retrouver mes valeurs éducatives et culturelles (cinéma, théâtre, musées), dans une circulation routière moins dangereuse, une sécurité du quotidien (( à noter que la dernière expatriation de la famille s’est déroulée dans une zone où Isabelle et les enfants se sont sentis en insécurité, à Douala)), un environnement que je connais mieux, et aussi, et surtout, retrouver un emploi qui me permette de ne plus être dépendante de mon époux financièrement.

Etais-tu prête à rentrer ? Avais-tu un projet personnel lié à ce retour ?

Oui! J’étais préparée à rentrer puisque, pour moi, l’expatriation en Afrique était la dernière.
Je souhaitais plus que tout rentrer pour réintégrer le monde de l’entreprise et retrouver mon indépendance.

Quels sont les principaux aspects positifs de ton retour à ton pays d’origine ?

Il y en a plusieurs !

  • Retrouver notre maison, la maison que nous avons choisie ensemble, avec mon mari. C’est le seul endroit au monde où nous nous sentons vraiment chez nous.
  • Retrouver une vie professionnelle
  • Retrouver nos familles respectives et des amis de longue date, et reprendre une vie sociale en France
  • Être près de notre fils aîné qui a passé son bac et qui est maintenant en études supérieures
  • Accéder à une attente très forte de nos enfants qui souhaitaient quitter le pays dans lequel nous nous trouvions ((à savoir Douala)).

Quelles sont les principales difficultés rencontrées lors de votre retour dans votre pays d’origine ? Y a-t-il des difficultés auxquelles vous ne vous attendiez vraiment pas ?

La principale difficulté est de se réadapter à la vie quotidienne en région parisienne (et surtout les transports), au rythme de vie. Et également bien sûr de se réinscrire dans les différentes administrations, ce qui est un vrai challenge et un problème crucial en France (mais nous nous y attendions).
Pour nous, ce n’est pas encore le cas, mais je pense que l’une des principales difficultés est de s’imaginer vivre plus de trois années consécutives à un même endroit.
C’est aussi  difficile de refaire surface, de se réintégrer dans le quotidien de ceux qui ne sont pas partis : la famille proche et les amis qui ont fait sans nous depuis plusieurs années!

Quels seraient tes 5 conseils à un aspirant au retour à la mère patrie ?

    • Parler ouvertement de vos angoisses quant au retour, avec vos proches, avec votre conjoint (par exemple, l’argent est souvent un sujet d’inquiétude : élaborez une simulation de budget avec lui pour réaliser ensemble que vous pouvez très bien vivre avec d’autres revenus)
    • Reprendre contact (si le contact a été rompu) avec les amis et la famille quelques mois avant de rentrer, pour ne pas être seul au retour.
    • Poser dés que possible les jalons du retour (recherche d’emploi, mise à jour du curriculum vitae, recherche active de logement, inscription dans les écoles)
    • Considérer le retour comme une nouvelle expatriation si vous êtes certain que c’est du provisoire (c’est-à-dire si vous ne rentrez pas en France « pour toujours ») ou considérer que c’est le début d’une nouvelle vie si c’est un retour définitif.
    • Même si ce n’est pas un retour désiré, ne surtout pas sombrer dans le négatif, le retour aux sources a forcément beaucoup de bienfaits

 

Merci Isabelle pour ce témoignage et bonne réadaptation en France !

 

Vous souhaitez préparer votre impatriation (retour dans votre patrie), je vous accompagne : Aurore Lafougère, + 48 504 535 088

C’est où chez moi?

Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre dans un pays qui n’est pas notre patrie d’origine.
Lorsqu’arrive le moment de l’impatriation, le fameux « retour au pays », la question de savoir « c’est où, chez moi » devient essentielle.

Pico Iver, un Britannique d’origine indienne, romancier et essayiste pose la question dans une conférence TED touchante et poétique.

De nos jours, 232 millions d’individus (source Nations Unies), soit plus de 3% de la population mondiale, vivent hors de leur patrie d’origine. De nombreux enfants sont nés aux grés de ces migrations ; savoir trouver ses racines, sa maison, peut parfois s’avérer une question compliquée pour les migrants voyageurs.

Est-ce que « chez moi » est l’endroit où je suis né ? Est-ce l’endroit où je découvre qui je suis vraiment ? Est-ce que « chez moi » est un bout de terrain ou un bout d’âme ?

Tel un peintre talentueux, Pico Iver nous invite à réfléchir sur ce que signifie « être chez soi », sur le bonheur de voyager et sur l’immobilité.
Par petites touches, il nous amène à cette idée : « chez soi », c’est lorsque nous trouvons la sérénité, la paix et l’harmonie, lorsque nous sommes connectés à notre identité profonde et véritable.

Pour tous ceux qui vont bientôt rentrer « chez eux », dans leur patrie, les mots de Pico sont une invitation au voyage intérieur.

« Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux. » Marcel Proust

Je vous souhaite un agréable voyage pour votre retour à la maison. Puissiez-vous découvrir de nouveaux paysages… intérieurs !

 

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