Création du premier MOOC pour Parent Expatrié

Depuis quelques mois, je travaille avec Nelly Soulié, Multi expatriée, spécialiste de la Mobilité Internationale et psychiatre sur la création d’un MOOC à destination des parents expatriés.
En effet, il n’est pas facile d’être parent; la posture se corse parfois en contexte expatrié lorsque nous sommes confrontés à de multiples déménagements et changements d’environnements.

Pour connaitre la genèse du MOOC, vous pouvez lire cette interview du Petit Journal.
Et cliquez sur ce lien pour accéder à la page d’accueil et au descriptif du MOOC.

Le trailer  :

Les devoirs : dépasser des croyances limitantes

Il était une fois, dans une galaxie très proche, une lune nommée DevoirAlamézon. C’était un satellite naturel de la planète Ekol
Bienvenue dans la galaxie Parentale, un monde où les parents et les enfants se laissent souvent tenter par le côté obscur de la force !

Je vous invite aujourd’hui à faire un bond dans l’hyper espace afin d’explorer cet univers. Nous voyagerons dans la tête de mon fils, 11 ans, en sixième : il illustrera comment les croyances de l’enfant peuvent induire des blocages.
Bon voyage !

Éviter le combat et produire un écrit en 15 minutes !
Décryptage du plan de vol
En route pour la Parentalité Positive
Les plus

 

Éviter le combat et produire un écrit en 15 minutes !

Le week-end dernier, je vaquais tranquillement à mes occupations, lorsque j’ai entendu mon plus jeune fils soupirer, rouspéter, racler des pieds, faire tomber ses livres… Je connais le phénomène : c’est un Padawan agréable et souriant, qui apprend facilement. Il a toutefois du mal à gérer la frustration. Ne pas l’aider dans un moment pareil, c’est courir le risque qu’un minuscule incident se transforme en cataclysme familial et que le côté obscur de la force pourrisse notre week-end !

Voici quelques bribes de notre conversation.
J’entre dans sa chambre : “je t’entends… tu as l’air mécontent ! Que se passe-t-il ? »
L’enfant, furieux, saisit son livret de grammaire et souffle comme un petit chat exaspéré : “pfft, c’est nul cet exercice. Je comprends rien. C’est nul le français.”
Je jette un coup d’œil sur l’énoncé qui me semble facile. J’hésite un instant : laisser l’enfant se débrouiller seul ou lui transmettre la force pour faciliter la production d’écrit. Seconde option ! Je me drape de neutralité et de bienveillance, concentrée, dans ma belle cape de JediMâm.
Je ne comprends pas où il bloque : la liste de consignes est-elle trop longue ?
Voici les consignes auxquelles l’enseignant a ajouté : commencer son texte par « Il était une fois », suivre les autres consignes, écrire de 5 à 7 lignes.2015-6e-Consigne-Fr J’amorce la discussion : “Veux-tu que je te montre un truc rigolo pour écrire quelques lignes le plus vite possible ? »
Les grands yeux noirs me foudroient, la réponse fuse : “le français n’est JAMAIS rigolo. T’es vraiment pas drôle comme Maman ! »
Je respire et m’installe devant le tableau blanc : “alors, que dois-tu faire ? Dis-moi ce que tu comprends des consignes ?
L’enfant, se balance sur sa chaise, il fait tomber ses cahiers d’un air provocateur :  » écrire 5 à 7 lignes… pfft c’est nul, c’est long…”
Le côté obscur de la force m’appelle. Vais-je me transformer en Dark Auror? Hum, faire voler les cahiers au plafond ? C’est tentant… Je respire à nouveau et ignore la provocation. Je reprends ma posture de Jedi.
“C’est bien. Quoi d’autre ? »
L’enfant, bougon, continue à m’énoncer les consignes, la mine renfrognée ornée d’une moue boudeuse : “5 -7 lignes | Description = > imparfait | faits précis = > passé simple | Il était une fois”.
-“Est-ce que tu comprends la consigne ? Est-ce que j’ai oublié quelque chose ?
– Toujours furibond, il ajoute : eh ben oui, tu as oublié, les CC de temps ! Puis sournoisement, il me questionne : et toi ? Tu sais ce que c’est un CC de temps ?
– Imperturbable : oui Petit Padawan, je jouais avec les compléments circonstanciels de temps avant même que tu ne sois né ! Et toi ? Tu me donnes un exemple ?
Rageur, il me cite un exemple.
Alors, est-ce que ça va mieux ? Sais-tu quoi faire maintenant ?
– L’enfant choisit de rester en mode boudeur : non, j’ai pas d’idée, elle est nulle l’image. En plus c’est mal dessiné !!!
Hum, c’est vrai que c’est mal dessiné. Petite bouffée de compassion intérieure : “OK, je t’aide ! Dis-moi ce que tu vois sur l’image !
– L’enfant me répond d’un air ennuyé et je note ses mots clés au tableau sur une première branche : Petit bonhomme | Marcher forêt |
Les arbres sont espacés dans la forêt. Je lève le feutre, nous cherchons le mot précis : “clairsemé”.

Soudain, mon fils semble sortir de sa bouderie. Il s’intéresse à ce qui prend forme sur le tableau. Il me dit alors : “il a un petit sac bizarre. Je ne sais plus le nom”. Petite réflexion et voilà qu’apparaît le mot “baluchon”. Les sourires sont plus marqués, l’enfant oublie sa mauvaise humeur comme si les nuages s’éloignaient de son petit front crispé. Il se redresse sur sa chaise et me raconte l’histoire d’un petit bonhomme qui se promène dans une forêt mal dessinée. Sur le tableau, les mots apparaissent : la partie en vert sur la photo ci-dessous.2015-6e-MM-EcritJe lui demande quels seront les temps utilisés pour rédiger cette description : il sait immédiatement qu’il doit utiliser l’imparfait (IMP sur le tableau).
” Parfait ! Bravo ! As-tu tout ce dont tu as besoin pour écrire tes lignes ?
ben non, je n’ai pas les faits précis et donc je n’ai rien au passé simple.
Excellent ! C’est exact ! Alors, que faire pour avoir du passé simple ?
Ben il ne se passe rien sur l’image ! Je ne sais pas ! Il n’y a pas de fait précis.
Illumination dans ma tête. Yes ! La force est avec moi !
C’est toi l’auteur, tu peux imaginer ce qu’il se passe dans la tête du bonhomme ou même imaginer ce qu’il se passera lorsqu’il sortira de l’image. L’auteur fait ce qu’il veut lorsqu’il invente une histoire !
– Mon fils s’illumine : ah (et voilà, manifestement le blocage était là : dans le fait que l’enfant n’imaginait pas pouvoir inventer une partie de l’histoire sans s’appuyer exclusivement sur l’image), alors au bout d’un moment qu’il se promenait, par exemple au bout d’1 km, le petit garçon se sentit heureux et il se mit à siffler”
Notez qu’il n’y a pas que le petit garçon de l’image qui est heureux, à ce moment-là !
Il réfléchit un instant et ajoute : “mais ça ne fait qu’un CC de temps, alors je dois trouver autre chose”. Les grands yeux noirs explorent le plafond, plongés dans un imaginaire intérieur.
Mon fils sourit davantage et déclare : “dés qu’il se mit à siffler, les oiseaux lui répondirent ! [Petit silence paisible] C’est chouette hein, Maman, cette forêt ?
– oui mon chéri, c’est très chouette cette forêt.
Sur le tableau, j’ajoute en rouge cette partie. Et lui redemande s’il a tout ce qu’il lui faut.

Ravi, ayant oublié sa bouderie et sa mauvaise humeur, il se lève et commence à écrire au tableau.
C’est à mon tour d’être aussi heureuse que le petit personnage de l’image. En effet, je pensais que mon fils écrirait directement sur son cahier, pour gagner du temps. Il a tellement apprécié l’exercice au tableau qu’il souhaite continuer sur ce même tableau blanc.
En moins de trois minutes, il produit quelques lignes. Il se relit, corrige quelques fautes d’accord. Puis d’un air embêté me dit : “ah mais j’ai pas écrit qu’il faisait froid et que le petit bonhomme avait une capuche.
Ce n’est pas grave. C’est toi l’auteur. Tu as le droit de noter plein d’idées et ensuite de ne pas toutes les utiliser. Mais si tu n’as pas assez de lignes, tu pourras ajouter ce détail dans ton cahier !
Ah oui, c’est chouette ! Je peux ajouter directement dans mon cahier et je ne suis pas obligé d’utiliser tout ce qu’on a noté sur la map ? !
– Exactement, c’est toi l’auteur, c’est toi le chef du texte ! Tu fais ce que tu veux tant que tu respectes les consignes. »
Et voilà, mon fils a recopié dans son cahier le texte du tableau et a obtenu son nombre de lignes.
– « Et voila ! Tu vois, la prochaine fois que tu bloqueras, tu pourras découper les consignes puis faire une carte pour tes idées, qu’en dis-tu ?
– Petit sourire taquin aux lèvres : Peut-être…” Avec lui, notez que “peut-être » veut souvent dire “oui”
Je quitte pièce et, dans l’escalier, une petite voix m’accompagne : “Merci Maman”.

Le soir, lors du repas, je lui ai demandé ce qui l’avait gêné pour faire son exercice tout seul. Il était très lucide et m’a répondu : “c’est parce que je ne savais pas que j’avais le droit d’inventer des choses qui n’étaient pas dans l’image”.

Décryptage du plan de vol

Alors comment un incident désagréable peut-il se terminer avec autant de sérénité ?

  1. L’enfant est bloqué, enfermé dans des croyances qui l’incapacitent : “le français c’est nul”, “c’est difficile”, “l’image est mal dessinée”. Évidemment, ça ne le met pas dans de bonnes dispositions pour travailler. Je reviendrai dans un autre article sur les croyances limitantes.
  2. Le tableau blanc aide à prendre du recul, mettre de la distance avec les éventuelles difficultés.
  3. La carte mentale permet de découper un énoncé en une série de consignes simples, compréhensibles. Rapidement, il apparaît que les compétences de bases ne posent aucun problème : l’enfant maîtrise l’imparfait, le passé simple, les CC de temps.
    Mais il s’enferme dans la consigne : “décrire l’image”. Il ne s’autorise pas à imaginer, il s’autocensure. Nous explorerons , un de ces jours, cette planète Ekol qui tue parfois la créativité des Padawans. J’ai fort à dire sur ce thème.
  4. La posture est neutre et bienveillante : je n’ai émis aucun jugement du genre “ah mais c’est facile” ou “je ne comprends pas que tu ne comprennes pas » et j’ai égrené des marques d’attentions positives avec mes “bravos”, “c’est bien” pour l’encourager tout au long du processus. Je reviendrai également sur cette notion de “marques d’attentions positives” qui favorisent la confiance en soi de l’enfant.
  5. Toute l’attention est portée sur le lien avec l’enfant, la qualité de la relation ! À noter que j’aurais pu demander à l’enfant d’effectuer un dernier travail pour améliorer le texte, à savoir enlever les répétitions et enrichir le champ lexical mais je n’ai pas insisté car je voulais simplement lui monter qu’il était compétent et préserver la qualité du moment.

La clé, c’est de ne pas perdre le lien avec l’enfant. Parce que le lien, c’est la force ! C’est ce qui permet de rester dans une posture bienveillante, où l’enfant se sent valorisé, rassuré : il est alors dans de bonnes dispositions pour dépasser ses croyances négatives et exprimer ses talents. Après tout, qu’est-ce qui est le plus important à ce moment-là ? Il ne tient qu’à nous de remettre nos enfants dans une démarche ludique où apprendre (re) devient un plaisir. Plus encore, nous les aidons à construire une bonne estime d’eux-mêmes !

En route pour la Parentalité Positive

Évidemment, prendre la posture de la JediMâm ou du JediPâ implique aussi un travail sur soi, notamment avoir dépassé nos propres frustrations et savoir quoi faire de nos émotions négatives. Le risque est toujours présent de basculer du côté obscur et de devenir une SithMâm, dans mon cas Dark Auror, qui ne contrôle plus sa colère ou sa négativité.
En tant que parents, nous suivons le même chemin que les Jedis de Star Wars : les recettes et les baguettes magiques n’existent hélas pas. Nous entrons dans un monde où l’entraînement, la pratique et les expérimentations deviennent notre quotidien. Heureusement que nous n’avons pas de sabre laser!
Alors au travail ! En route pour la galaxie de la Parentalité Positive !

Et vous, repérez-vous facilement ce qui bloque votre enfant au moment des devoirs ? De quoi auriez-vous besoin pour faire de ces instants un moment agréable ?
N’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous et à partager vos expériences dans l’accompagnement des devoirs !

Je propose deux fois par an un café coaching sur les apprentissages pour proposer quelques astuces afin de faire des “devoirs à la maison” un moment agréable ! Si vous souhaitez aller encore plus loin et accompagner les apprentissages de vos enfants avec davantage de sérénité, savoir mettre en place une posture neutre et bienveillante, pensez au coaching parental et contactez moi!
D’autres articles sont en cours de production.
Remerciements : merci à mon fils cadet de m’avoir autorisé à publier le contenu de notre conversation.

Crédit image : les consignes de l’exercice sont extraites des cahiers de grammaire BORDAS 6e.

Dans certains billets de ce blog, je proposerai désormais un niveau de lecture supplémentaire pour les personnes formées à l’Ennéagramme et à la Spirale Dynamique.

Ennéagramme :l’enfant de cette conversation est d’ennéatype 7 : il a effectivement du mal à gérer la frustration (attention : la bascule du côté obscur est alors très rapide!). Il comprend généralement très vite et n’a pas encore développé de stratégie lorsqu’il est en échec d’apprentissage car cela lui arrive rarement. Lorsqu’il ne sait pas faire, il met en place son mécanisme de défense et il rationalise : c’est la faute au français qui est nul, la faute à l’image qui est mal dessinée ; bref, l’enfant déploie beaucoup de justifications logiques pour m’expliquer qu’il ne peut pas produire son écrit pour des tas de raisons qui ne sont pas de son fait ! Un grand classique qui, à la longue, peut être agaçant pour le parent.

L’un de ses talents est son imaginaire intérieur, sur lequel je m’appuie pour l’aider à aller chercher les idées nécessaires à la production d’écrit. En lui proposant de passer en mode « rigolo », je tente de le reconnecter à son orientation naturelle : la joie et l’optimiste.

Spirale Dynamique : Cette interaction m’a permis d’apprendre quelque chose au sujet de mon fils : il a trop bien intégré les règles BLEU et a du mal à s’en détacher ! J’ai presque trop bien fait mon boulot de parent pour le faire passer en BLEU. En effet, l’enfant s’autocensure, se limite et s’enferme dans des « consignes » trop strictes ce qui l’empêche de faire preuve de créativité et de produire son texte. Mon travail de parent, dans les semaines à venir, va être d’accompagner l’enfant au-delà de BLEU et de lui apprendre à appliquer de façon moins basique les consignes. C’est un pas nécessaire sur le chemin de l’autonomie et de la créativité.

La carte mentale …au service de l’expat et du parent !

La carte mentale (ou carte heuristique ou encore « mind map » pour les anglophones) est un outil qui permet d’organiser de façon créative et personnelle des informations, de planifier, réfléchir, résumer, présenter. Dans un monde où nous croulons sous trop d’informations, c’est un « must have » dans votre boîte à outil.

En tant qu’expatriée, je ne cesse d’apprécier son utilité que ca soit pour synthétiser visuellement des informations sur mon nouveau pays de résidence (comme par exemple le kit de survie en pays froid lorsque je suis arrivée en Pologne après avoir vécu sept ans en tongs et en short) ou pour apprendre à lire une nouvelle langue étrangère : l’arabe (lorsque je vivais à Dubaï) ou prononcer correctement le polonais!
Lors de ma visite de prospection en Pologne, je ne savais même pas dire le nom des rues des maisons que je visitais (j’ai encore un souvenir horrible d’Ulica Rotmistrzowska). Du coup, je m’étais promis de savoir lire le polonais avant même d’arriver à Varsovie. Cela a été possible, très rapidement, grâce à la carte des « sons bizarres et différents » en polonais.

Lire les sons en Polonais

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Et pourtant, depuis le temps que j’anime des ateliers sur les cartes heuristiques, toutes ces fonctions « utilitaires » me semblent bien modestes à côté de la possibilité que donne cet outil de transformer, de faciliter la relation parent-enfant au moment des « devoirs à la maison ».

Avant d’animer un atelier, je revois souvent le regard de ma petite filleule, en CM1, qui souffrait énormément pour mémoriser ses leçons; je lui avais alors montré comment apprendre sa leçon de science en dessinant une carte. Elle avait levé ses yeux émerveillés et m’avait dit : « oh mais c’est rigolo d’apprendre une leçon!! Pourquoi est-ce que la maitresse ne m’apprend pas les leçons comme ca à l’école ? C’est vraiment plus facile! »
Quelques parents, après avoir suivi un atelier sur les cartes mentales m’ont exprimé à quel point le moment des devoirs était devenu plus paisible et plus facile. Pour certains, cet apprentissage leur a permis de voir leur enfant autrement, de comprendre à quel point son mode d’apprentissage était différent de celui du parent.
Voici quelques réalisations d’un enfant de CM1 après que sa maman ait suivi un atelier « cartes mentales » (à noter qu’elle sortait juste d’atelier et n’avait pas eu le temps d’acheter les feuilles sans carreaux) :

2012-10y-GEO-cm1.jpg

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Bref, ce que j’aime le plus dans la carte heuristique, c’est cette possibilité de poser un sourire sur les lèvres de l’apprenant, d’allumer des petites étoiles dans les yeux de l’enfant qui découvre qu’apprendre c’est « rigolo », d’exprimer un soupir de soulagement pour le parent qui redoutait le moment des « devoirs à la maison ».
Ce que j’aime le plus, c’est cette petite magie qui s’opère parfois dans la relation entre le parent et son enfant avec une simple baguette magique carte heuristique.

 

Prochain point d’entrée pour un atelier « découverte des cartes mentales » => Varsovie le 5 Novembre 2014. Contactez-moi pour vous inscrire !

MOOC à portée de clics : choisir et réussir votre premier cours en ligne

Pléthore de cours en ligne sont désormais disponibles sur la toile et il est souvent difficile de s’y retrouver dans cette jungle. Avec plus de 90 % d’abandon en cours de route, aller au bout d’un MOOC relève d’une alchimie délicate entre sélection soigneuse, motivation et organisation.
Après cet article qui explique le fonctionnement des MOOC, je vous propose aujourd’hui de choisir concrètement votre premier MOOC et surtout de le terminer.
A la fin de cet article, vous trouverez un visuel à télécharger afin de vous aider dans vos choix.

Trouver le bon MOOC ?

Le bon MOOC n’est pas forcément celui de l’université la plus prestigieuse ! C’est surtout celui qui correspond à vos attentes, à votre recherche et qui est compatible avec votre style d’apprentissage.
La première question à se poser est : pourquoi est-ce que je veux suivre un MOOC ?
Dans un premier temps, nombreux apprenants sont mus par la simple curiosité.

Par exemple, pour mon premier MOOC, qui traitait de l’art de faire un discours en anglais, je me suis inscrite par curiosité et pour améliorer mon anglais oral que je pratique de moins en moins depuis que je vis en Pologne. Je n’avais pas d’attentes particulières. L’expérience a été tellement positive et j’ai trouvé le cours d’une telle qualité que j’ai continué les MOOC sur des sujets qui étaient davantage en lien avec mes passions et/ou mon travail.

Une fois que vous avez déterminé vos motivations, cherchez le MOOC qui vous convient (en utilisant par exemple ce moteur de recherche).
La plupart des MOOC proposent une page d’information assez détaillée qui vous permet de vérifier :

    • les informations générales et leur compatibilité avec vos contraintes :
      • dates,
      • durée,
      • langue et sous-titres éventuels,
      • format du cours,
      • charge de travail attendue (généralement exprimé en nombre d’heures par semaine)
    • le contenu du programme (syllabus) détaillé par semaines : correspond-il véritablement à votre besoin et vos attentes ?

Vous êtes tenté de vous inscrire ? N’oubliez pas de visionner la vidéo de présentation ; c’est un excellent premier contact avec le ou les professeurs. Vous ressentirez immédiatement le style d’enseignement, l’aisance face à la caméra et si vous avez envie de suivre un cours de plusieurs semaines avec cette personne.

Il m’est arrivé, une seule fois, de me désinscrire d’un MOOC car le « feeling » ne passait pas ; la voix du professeur et son style me dérangeaient au point de ne pas supporter les vidéos. Si j’avais visionné la vidéo de présentation, je n’aurai même pas pris la peine de m’inscrire !

Définir vos attentes !

Le fait d’exprimer clairement vos attentes peut vous aider à choisir et surtout à terminer un MOOC.
Vous pouvez effectivement suivre un premier MOOC par simple curiosité. Toutefois, passé cette étape de découverte, il faut une sérieuse motivation pour aller au bout du chemin.
Vous pouvez, par exemple, vous poser les questions suivantes :

  • Qu’ai envie / besoin d’apprendre ?
  • Qu’est-ce que j’attends de ce cours ?
  • Comment vais-je utiliser le contenu de ce cours ? (pour les sujets qui ne sont pas de la culture générale)
  • Quels sont les apports positifs que je peux y trouver ?

Généralement, je me donne une semaine pour prendre la température du cours et redéfinir, si nécessaire, mes attentes. Il m’est arrivé d’avoir de grosses attentes sur un cours qui s’est avéré médiocre. Je n’ai pas hésité à me désinscrire du cours ou à revoir mes attentes et consacrer moins de temps au cours en le suivant davantage en dilettante.

J’ai rapidement compris qu’il fallait vraiment avoir du temps pour s’investir sérieusement dans un MOOC, ce qui n’était pas mon cas. Le contenu du MOOC s’est révélé moins intéressant que ce que j’imaginais, donc je n’ai pas regretté de lâcher en cours de route. J’étais surtout satisfaite d’avoir vu concrètement comment ça se passait, ce qui était ma curiosité principale. Je suis contente de savoir que ca existe et je le garde en tête pour le jour où j’aurais davantage de temps libre.

Calibrez votre niveau d’engagement

Dans un MOOC vous êtes totalement libre de suivre les cours à votre façon. À vous de décider de votre niveau d’engagement.
Ainsi, vous pouvez décider d’y aller :

    • en touriste en grappillant quelques informations, sans regarder forcément toutes les vidéos et les supports proposés, ni même répondre aux QCM ((Questionnaire à Choix Multiples))
    • en explorateur et visionner toutes les vidéos, répondre aux quizz et exploiter plus ou moins les autres supports mis à disposition.
    • Enfin, vous pouvez être l’Indiana Jones du MOOC : un aventurier qui va explorer chaque recoin du cours, examiner toutes les ressources, participer activement au forum de discussion et même créer des exercices supplémentaires pour renforcer vos apprentissages et partir à la rencontre d’autres aventuriers des MOOC.

Ma posture préférée est celle de l’aventurier. Toutefois, l’expérience m’a appris qu’il valait mieux planifier le temps accordé aux forums de discussion qui sont, certes, une source d’apprentissage passionnante et de rencontres intéressantes mais également un gros consommateur de temps !

Les p’tits plus

  • Au début, je vous conseille de ne suivre qu’un seul MOOC sauf si vous êtes en vacances ou dans une période d’inactivité.
  • Essayez d’avoir une vision sur plusieurs semaines de votre charge de travail et de votre agenda : n’oubliez pas qu’un MOOC peut s’étaler sur plusieurs semaines et qu’il est difficile de rattraper le retard accumulé. Si, par exemple, des déplacements professionnels  ou les vacances scolaires de vos enfants tombent au milieu du MOOC, il peut s’avérer difficile de dégager assez de temps disponible !
  • Certains cours peuvent manquer de structure au goût de certains participants. N’hésitez pas à mettre en place vos visuels ou outils pour vous aider à clarifier votre charge de travail.

Personnellement, je suis une adepte des cartes mentales qui m’aident à avoir une vision claire de ma charge de travail . J’ai suivi, en Octobre 2013, un MOOC qui était particulièrement mal structuré sur la créativité et l’innovation ; je n’aurais jamais pu terminer ce cours sans un visuel de ce genre réalisé en début de chaque semaine qui me permettait d’avoir sous les yeux les vidéos, les lectures, les exercices à faire ainsi que les travaux optionnels.

Apprendre : comment terminer un MOOC

Apprendre : comment terminer un MOOC

Évidemment, il n’y a aucun problème à abandonner un MOOC en cours de route. J’ai eu de nombreuses discussions avec des étudiants découragés, sur les forums. C’est la raison pour laquelle j’ai rédigé cet article et proposé ce visuel téléchargeable pour vous aider à sélectionner votre MOOC et à poser sur le papier vos attentes.

 

 

Alors prêts pour l’aventure MOOC ?
Je vous souhaite d’agréables découvertes et de belles rencontres au pays de l’apprentissage.

A lire également

 

Vous souhaitez apprendre à apprendre ou bénéficier d’un coaching scolaire? Contactez Aurore Lafougère, coach certifiée

MOOC pour les nuls : comment ca marche?

Depuis juin 2013, j’ai testé une quinzaine de MOOC. Je vous propose une série d’articles basés sur cette expérience.
Dans ce premier article, je réponds aux questions d’un néophyte.

Qu’est ce qu’un MOOC ?

Un MOOC – attention, il faut prononcer mouk- est un cours accessible en ligne via internet. C’est l’acronyme de :

Massive :  car il y a un grand nombre de participants – j’ai testé un cours où nous étions plus de 170 000 personnes !
Online : en ligne, donc accessible depuis n’importe quel support disposant d’une connexion internet
Open : ouvert à tous, sur une période déterminée, et gratuit
Course : c’est un cours en ligne, proposés par des universités ou écoles célèbres (Stanford, HEC, Polytechnique,etc.)  ou par des prestataires moins connus.

La suite de cet article répond aux questions suivantes :

Et si vous souhaitez passer directement à la liste des cours dans le monde, cliquez sur l’image ci-dessous!

MOOC-ListSite

Comment ça fonctionne ? Sur quelle durée ?

C’est facile : une fois inscrit, tu participes simplement aux cours sur une durée déterminée, 4 à 12 semaines selon les MOOC. Il te suffit de suivre les instructions et le programme qui inclut divers supports.
Au début, je recommande de choisir un MOOC d’une durée plutôt courte, c’est-à-dire moins de 6 semaines.

Comment s’inscrire ?

Je te propose un visuel qui explique les étapes du processus d’inscription, variable selon les plateformes. L’inscription est aussi simple que sur n’importe quel site internet. Le plus compliqué est de choisir le bon cours!

MOOC-Inscription

Y a-t-il seulement des vidéos ?

Pas du tout, les MOOC proposent plusieurs supports d’apprentissages. Le média privilégié est effectivement la vidéo.

MOOC-contenu

Si tu souhaites obtenir une certification, certains cours incluent des exercices obligatoires qui sont ensuite évalués par tes pairs – c’est à dire les gens qui apprennent avec toi. Je trouve que l’évaluation entre pairs est un exercice très formateur !

Par exemple, lors de mon premier MOOC sur le thème de l’art oratoire, qui d’ailleurs ne proposait aucune certification, j’ai dû apprendre à faire des vidéos et à les poster en ligne pour être ensuite évaluée par mes pairs. En effet, les exercices consistaient à produire trois présentations orales avec une durée et/ou un sujet imposé. C’était un travail énorme mais indispensable à la mise en pratique de la théorie présentée dans les vidéos. C’est sans doute le MOOC pour lequel j’ai produit le plus de travail, sur lequel j’ai le plus appris et dans lequel j’ai noué le plus de liens avec mes pairs !

Parfois, les exercices sont beaucoup plus faciles : il suffit de faire une dissertation de 300 à 700 mots.

Y a-t-il des jours et des heures pour suivre les cours ?

Pas vraiment ! C’est l’un des gros avantages des MOOC : la totale liberté d’organisation !
Pour chaque MOOC, tu as une durée définie sur x semaines. Pendant ces semaines, tu te connectes quand tu veux et où tu veux. Tu peux même télécharger les vidéos sur ton ordinateur et travailler hors connexion.
Selon les MOOC, tu peux avoir accès à tout le contenu du cours dès le premier jour d’ouverture; pour d’autres, le contenu est mis à disposition au début de chaque semaine.
Parfois, certains professeurs proposent des réunions questions/réponses en live. Ce sont les seules occasions où un horaire est fixé. Personnellement, je n’ai jamais assisté à ce genre réunions virtuelles car les jours ne me convenaient pas.

J’ai une amie qui, par exemple, se lève tous les matins à 5 h 00 du matin pour suivre les cours qui la passionnent avant de démarrer sa journée !

Comment sont transmis les cours ? En one to one ? Par skype ?

J’adore cette question ! Imagine un prof qui enseignerait en tête à tête à plus de 100 000 élèves ? ! Allez, je calcule juste me donner le vertige : une formation individuelle de 40h00  à 100 000 élèves représenterait 4 millions d’heures de cours, soit plus de 650 000 jours de formation (à raison de 6h00 par jour), soit plus de 3300 ans (si on considère que le prof travaille 200 jours par an)! C’est long pour le prof! 😉
Dans MOOC, il y a le M pour Massif ! Rien ne se fait en individuel.
Par contre, certains professeurs ont tellement de talent que tu as parfois l’impression qu’il se crée un lien avec eux et toi. Ils s’adressent à toi par l’intermédiaire de la vidéo.
En fait, tu te connectes à une plateforme de cours et tu cliques ensuite sur les différents liens qui te sont proposés : vidéos, lectures, etc. Ce n’est pas plus compliqué que d’aller sur facebook ou sur youtube !
Certaines plateformes proposent même un MOOC pour apprendre à suivre leurs cours en ligne et d’autres universités axent la première semaine de cours sur la prise en main des outils et supports mis à disposition.

Y a-t-il de l’interactivité ? Comment faire si j’ai une question précise ?

Oui, il y a de l’interactivité et c’est ce qui différencie un MOOC du e-learning !
Dans un MOOC, tu vas avoir une relation à une collectivité d’apprenants et non plus une relation d’enseigné à enseignant.
Il y a autant d’interactivité que tu souhaites y apporter : si tu t’investis dans les forums de discussion, tu te constitueras rapidement un réseau de pairs qui t’aideront à répondre à tes questions. Souvent, lorsque tu es un contributeur actif du forum de discussion, le professeur vient aussi interagir avec toi.
Tu peux également poser tes questions aux professeurs et au staff pendant toute la durée du cours.
Personnellement, dans les MOOC qui m’ont passionnée, je me suis beaucoup investie sur les forums et j’ai toujours obtenu des réponses.
J’ai d’ailleurs trouvé une interactivité plus importante sur les MOOC anglophones que francophones.
Pour en savoir plus sur l’interactivité, tu peux lire l’article d’un de mes compagnons de MOOC avec qui j’ai participé à deux cours.

Michel Serres dans son interview accordée à CHALLENGES, en Février dernier, établissait un parallèle entre les MOOC et le fait d’aller au travail:

« Pourquoi les gens vont au travail ? Pas pour faire ceci ou cela, mais pour être avec quelqu’un. […] Ils ont besoin de partager leur expérience. L’homme est un animal social. »

Je me retrouve dans cette citation. Au-delà de la joie de l’apprentissage, il y a le plaisir du partage et de la rencontre, même virtuelle, avec l’autre. Il m’est arrivé, dans la même journée d’interagir avec une retraitée américaine, un adolescent pakistanais et un étudiant africain qui faisait plusieurs kilomètres à pied, toutes les semaines, pour aller télécharger les vidéos et les supports de cours dans un cyber café. Émouvante rencontre !

Est-ce payant ou gratuit ?

C’est le principe des MOOC d’être presque toujours gratuit.
Certains MOOC vont proposer une certification payante mais tu n’es pas obligée d’y souscrire. Tu as toujours le choix.
D’autres MOOC vont proposer des options payantes pour obtenir des ebooks ou accéder à des ressources plus importantes.
Enfin, une minorité de MOOC demandent le paiement de droits le plus souvent modiques. La notion de modique est relative. J’ai eu une discussion passionnante  avec mes pairs, lors de mon premier MOOC. Les Américains considéraient que 100$ était une somme raisonnable pour  le « fee » alors que certains de nos pairs des pays émergents nous expliquaient qu’ils vivaient avec des sommes tellement dérisoires que même 5$ rendraient le MOOC inaccessible.
Lisez bien les conditions au moment de vous inscrire; la transparence est de mise. Je n’ai jamais eu de mauvaises surprises sur la quinzaine de MOOC que j’ai testé.

Y a-t-il des sites plus spécialisés dans certains domaines ?

Les grandes plateformes américaines, COURSERA et edX,  sont pluridisciplinaires; tu trouves également des plateformes par pays. La France propose, depuis 2013, la plateforme FUN (France Université Numérique).
Quelques plateformes sont spécialisées comme Openclassrooms qui propose l’essentiel de ses cours sur des thèmes informatiques et scientifiques.

Le monde des MOOC se développe très vite. Lorsque j’ai suivi mon premier cours sur Coursera, en juin 2013, il n’y avait que 4 langues proposées, 4 cours en français et seulement 43 partenaires. Aujourd’hui, neuf mois plus tard, je trouve 13 langues, 22 cours en français et 98 partenaires… et ce n’est pas fini !

Le plus simple est de consulter l’agrégateur de MOOC, proposé en début d’article, et de faire une recherche par langage ou sujet d’intérêt.

Quels sont les meilleurs sites en français ? en anglais ?

Je ne crois pas que le meilleur site existe.
Le meilleur MOOC est celui qui répond à tes attentes. Je te propose de lire mon prochain article sur « bien choisir son MOOC et le terminer« .

Ne t’arrêtes pas au fait que certains MOOC sont en anglais et que ce n’est pas ta langue maternelle.
En effet, la plupart des vidéos sur grandes plateformes anglophones sont sous-titrées : en anglais et/ou dans d’autres langues. Une plateforme comme COURSERA propose également la possibilité de régler la vitesse du son, ce qui permet au présentateur de parler plus lentement d’où un confort d’écoute pour l’étudiant.
Par ailleurs, les pairs sont très indulgents entre eux sur l’orthographe anglaise dans les forums ; ils savent que plus de 50 % d’entre eux ne parlent par l’anglais nativement.

Y a-t-il systématiquement un certificat délivré à la fin ? Comment est-il délivré ?

Ce n’est pas du tout systématique. Plusieurs conditions sont nécessaires à l’obtention du certificat :

  • le MOOC doit être éligible à une certification qui s’appuie sur des critères objectifs.
    Par exemple le MOOC de Matt McGarrity, qui est le meilleur cours que j’ai jamais suivi en ligne, ne propose pas de certification car la compétence acquise n’est pas vérifiable… Et pourtant, nous avons été plus de 170 000 à le suivre !
  • L’étudiant doit avoir réalisé tous les quizz et les travaux/exercices nécessaires à l’obtention du certificat. Les critères sont communiqués pour chaque MOOC; une note minimale est attendue.

Le certificat, lorsqu’il est obtenu, est téléchargeable par internet en format PDF avec ton nom et précision de la mention… si tu l’as obtenue.

La certification est-elle reconnue ?

Aujourd’hui, le monde professionnel ne reconnaît pas encore ce genre de certifications. Je ne sais pas ce qu’il en sera demain.
Par contre, je pense que le fait de terminer un MOOC démontre certaines qualités : autonomie d’apprentissage, faciliter à utiliser le web et les outils informatiques, constance et persévérance.
Pour avoir suivi une quinzaine de MOOC, je mesure la masse de travail parfois demandée pour obtenir la certification.

 

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