Voici le premier témoignage de la série « impatriation ».
Isabelle et son mari ont passé seize ans sur des routes exotiques et ont vu naître un de leurs enfants en expatriation. Ils sont rentrés au bercail, en région parisienne, en 2013. 

Quel a été ton parcours à l’étranger ?

Avec mon mari, nous avons vécu dans six pays différents en repassant deux fois par un séjour en région Parisienne. Je pense que ces retours intermédiaires changent la donne et rendent le retour définitif plus facile.

  • 6 mois en Roumanie à Bucarest (96)
  • 3 ans en Thaïlande (97 à 2000)
  • 3 ans et demi en Guadeloupe (2000 à 2003) – Naissance de notre troisième fils.
  • 3 ans en région parisienne (2003 à  2006‎)
  • 1 an en Inde (2006 à 2007) à Bangalore
  • 2 ans en Chine (2007 à 2009) à Pékin
  • ‎1 an en région parisienne
  • 3 ans au Cameroun à Douala (2010 à 2013)

Avais-tu des attentes particulières avant de rentrer en France ?

Ma principale attente était de me retrouver, de retrouver mes valeurs éducatives et culturelles (cinéma, théâtre, musées), dans une circulation routière moins dangereuse, une sécurité du quotidien (( à noter que la dernière expatriation de la famille s’est déroulée dans une zone où Isabelle et les enfants se sont sentis en insécurité, à Douala)), un environnement que je connais mieux, et aussi, et surtout, retrouver un emploi qui me permette de ne plus être dépendante de mon époux financièrement.

Etais-tu prête à rentrer ? Avais-tu un projet personnel lié à ce retour ?

Oui! J’étais préparée à rentrer puisque, pour moi, l’expatriation en Afrique était la dernière.
Je souhaitais plus que tout rentrer pour réintégrer le monde de l’entreprise et retrouver mon indépendance.

Quels sont les principaux aspects positifs de ton retour à ton pays d’origine ?

Il y en a plusieurs !

  • Retrouver notre maison, la maison que nous avons choisie ensemble, avec mon mari. C’est le seul endroit au monde où nous nous sentons vraiment chez nous.
  • Retrouver une vie professionnelle
  • Retrouver nos familles respectives et des amis de longue date, et reprendre une vie sociale en France
  • Être près de notre fils aîné qui a passé son bac et qui est maintenant en études supérieures
  • Accéder à une attente très forte de nos enfants qui souhaitaient quitter le pays dans lequel nous nous trouvions ((à savoir Douala)).

Quelles sont les principales difficultés rencontrées lors de votre retour dans votre pays d’origine ? Y a-t-il des difficultés auxquelles vous ne vous attendiez vraiment pas ?

La principale difficulté est de se réadapter à la vie quotidienne en région parisienne (et surtout les transports), au rythme de vie. Et également bien sûr de se réinscrire dans les différentes administrations, ce qui est un vrai challenge et un problème crucial en France (mais nous nous y attendions).
Pour nous, ce n’est pas encore le cas, mais je pense que l’une des principales difficultés est de s’imaginer vivre plus de trois années consécutives à un même endroit.
C’est aussi  difficile de refaire surface, de se réintégrer dans le quotidien de ceux qui ne sont pas partis : la famille proche et les amis qui ont fait sans nous depuis plusieurs années!

Quels seraient tes 5 conseils à un aspirant au retour à la mère patrie ?

    • Parler ouvertement de vos angoisses quant au retour, avec vos proches, avec votre conjoint (par exemple, l’argent est souvent un sujet d’inquiétude : élaborez une simulation de budget avec lui pour réaliser ensemble que vous pouvez très bien vivre avec d’autres revenus)
    • Reprendre contact (si le contact a été rompu) avec les amis et la famille quelques mois avant de rentrer, pour ne pas être seul au retour.
    • Poser dés que possible les jalons du retour (recherche d’emploi, mise à jour du curriculum vitae, recherche active de logement, inscription dans les écoles)
    • Considérer le retour comme une nouvelle expatriation si vous êtes certain que c’est du provisoire (c’est-à-dire si vous ne rentrez pas en France « pour toujours ») ou considérer que c’est le début d’une nouvelle vie si c’est un retour définitif.
    • Même si ce n’est pas un retour désiré, ne surtout pas sombrer dans le négatif, le retour aux sources a forcément beaucoup de bienfaits

 

Merci Isabelle pour ce témoignage et bonne réadaptation en France !

 

Vous souhaitez préparer votre impatriation (retour dans votre patrie), je vous accompagne : Aurore Lafougère, + 48 504 535 088